Le mois de janvier défila à vive allure et février fit son apparition. Le temps ne s’arrangea pas grandement et les températures restaient relativement froides pour la saison. L’hiver semblait bien installé sur State College tandis que la vie étudiante rythmait le quotidien des habitants. En cette période de l’année, toute la ville attendait avec impatience le T.H.O.N. Marathon de danse de 48 heures auquel participait la plupart des étudiants qui était organisé par l’université dans le but de recueillir des fonds pour une association caritative.
En parallèle, un autre événement se préparait : le bail de Chase venait de prendre fin et il était désormais temps pour lui d’emménager chez Sam. Ainsi, devant son ancien immeuble, le jeune homme, aidé par Evan et Finn, venait de finir d’empiler ses affaires dans le coffre de sa voiture. Evan et Finn fixaient le coffre rempli à ras bord, perplexes. Chase, plutôt confiant, le referma avant de se tourner vers ses deux amis.
-Quoi ? Demanda-t-il, devant leur air dubitatif.
-Tu sais que tu vas devoir te débarrasser d’au moins un millier de choses ? L’informa Finn.
-Comment ça ? C’est hors de question !
-Tu sais que l’appartement de Sam est minuscule et qu’il est normalement fait pour une seule personne ? L’interrogea Evan, en désignant la voiture d’un index accusateur.
-Tu essaies de nouveau de me dissuader d’y aller ou je me trompe ? S’étonna Chase, soupçonneux.
-C’est trop tard, je peux plus rien faire à part te supplier mais je sais que ça ne servira strictement à rien alors je m’abstiens, expliqua Evan, sous le regard amusé de ses deux amis.
-Quelle sollicitude envers toi-même, railla Chase. Tu préserves ta salive.
Finn et Chase échangèrent un sourire amusé.
-Bon, c’est pas tout ça les copains mais faudrait peut-être qu’on y aille, Sam doit nous attendre, rappela Finn.
-C’est vrai, mais vous n’avez pas besoin de venir, on se débrouillera déjà.
-T’es sûr ? S’étonna Evan, sourcils froncés.
-Certain, rentrez chez vous !
Chase monta dans sa voiture et salua ses deux amis d’un geste de la main. Ces derniers le saluèrent de même avant qu’il ne disparaisse au coin de la rue.
Dix minutes plus tard, il arriva au bas de l’immeuble de Sam et se gara le long du trottoir. La jeune femme l’attendait patiemment, debout devant la lourde porte d’entrée en bois. Chase éteignit le moteur et sortit de son véhicule avant de se diriger vers la jeune femme pour lui faire une bise amicale.
-Hello, dit-il gaiement.
-Salut, répondit-elle. T’as mis du temps à venir, tu t’es perdu ?
-Non, j’ai juste mis plus de temps que prévu à retrouver le chemin, rectifia-t-il.
Sam eut un sourire amusé et voulut s’approcher du coffre, tendant la main pour l’ouvrir mais Chase l’en empêcha.
-Attends une seconde, fit-il, inquiet.
Sam fronça les sourcils.
-Quoi ? Pourquoi ? Demanda-t-elle d’un air dubitatif.
-Parce que tu risques de me tuer alors je préfère prévoir, expliqua-t-il. Je précise que je voudrais une mort violente, elles sont souvent plus rapides.
-Mais de quoi tu parles ? Le questionna Sam, de plus en plus perplexe.
-Trois secondes et tu sauras ! Juste une question technique : ton appartement… il a quelle superficie exactement ?
-Un peu moins de 60 mètres carrés, pourquoi cette question technique ?
Chase blêmit un instant avant de déglutir difficilement.
-Tu vas me tuer, assura-t-il.
-Pourquoi je devrais…
Il ouvrit le coffre, juste sous le nez de Sam. Ses yeux s’écarquillèrent et sa bouche s’ouvrit sous l’effet de la stupeur. Chase, à sa droite, grimaça s’attendant à de sévères remontrances.
-T’es vraiment un grand malade ! Furent les seuls mots qui franchirent les lèvres de la jeune femme.



